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Interview radio Larzac

De l’info, de l’actu, des rencontres, et tout ça au gré de l’actualité locale, c’est l’heure du supplément d’agenda.

Bonjour à tous et à toutes, aujourd’hui radio Larzac est parti à la rencontre de l’écrivaine Diane McNeele, enfin parti c’est un grand puisque habitant en Brocéliande, ni elle ni nous n’avons pu se déplacer, nous l’avons donc interviewé via téléphone, on s’écoute ça tout de suite.

https://youtu.be/sRWJYdFayH4

Diane bonjour, vous êtes l’auteure de Mémoires d’Hizaion, dont le tome 2 est sorti il y a peu de temps, est-ce que pour commencer vous pouvez présenter votre univers un peu à nos auditeurs ?

Alors Mémoires D’Hizaion en fait, c’est une saga très ambitieuse je l’avoue moi-même. Le premier tome est sorti en 2015, j’ai mis un petit peu de temps à écrire le deuxième tome, mais maintenant je me focalise sur l’écriture. Ce roman d’héroic fantasy, en fait n’est pas seulement un roman, une saga d’héroic fantasy, puisque c’est en fait un mélange entre un univers magique, avec des créatures, des elfes, des tengus, des créatures que j’ai créées moi-même en fait, imaginaires; et un univers dit dystopique puisque mon héroïne bascule à un moment donné, notamment le tome 2, on rentre un peu dans cet univers, de science-fiction.

D’accord, donc voilà c’est la spécialité des Mémoires d’Hizaion, comparé à d’autres sagas fantasy qu’on pourrait appeler. Alors ma première question, elle est assez globale, mais elle me semble néanmoins importante, pourquoi vous êtes devenue romancière ?

Ah, c’est une excellente question encore, en même temps ma réponse va être très courte, c’est quelque chose que j’ai toujours eu envie de faire depuis l’âge de 5 ans. J’ai tanné mes parents en posant la question « comment est-ce qu’on fait pour devenir écrivain ? », mes parents m’ont répondu ben tu fais un bac littéraire et puis tu écriras des romans, voilà c’est en forgeant qu’on devient forgeron et c’est en écrivant qu’on écrit des romans.

D’accord, bah oui c’est simple comme réponse.

Depuis l’enfance, simplement.               

Pourquoi vous avez choisi le genre de la fantasy, vous nous avez expliqué que c’était pas que de la fantasy, mais pourquoi être spécialisée dans ce genre ?

Alors parce que c’est en rapport avec ma personnalité, en fait j’ai toujours été fascinée par les mythologies, les légendes, les contes de fées, et j’ai toujours eu un univers, un imaginaire très développé. J’ai toujours eu cette appétence en fait depuis toute petite avec ce merveilleux, avec notamment cette littérature d’imaginaire. Pour moi c’est une quête d’évasion, en fait c’est voyager, mais voyager d’une autre façon, en fait.

Et vos livres sont remplis de personnages féminins forts, comme Andraste le personnage principal, Cassandra ou encore la sorcière rouge, est-ce que vous avez une volonté particulière derrière ces choix ?

 Je pense que ça vient du fait que je suis une femme, je vous avoue, c’est justement l’une des difficultés en fait que j’ai eu, c’est justement d’écrire des personnages masculins qui soient aussi prégnants, qui soient aussi forts.

Voilà c’est ça.

Et on m’a fait beaucoup de remarques, notamment lors de la sortie du premier roman, que le personnage de Lyandreen fait, il existait beaucoup grâce à sa folie, et qu’il manquait encore assez d’épaisseur. Et dans ce deuxième volume, j’ai voulu lui donner sa propre destiné, quand il rejoint la milice, après bien évidemment je me suis beaucoup inspirée, y a un livre qui m’a notamment fortement marqué, c’est les Brumes d’Avalons, de Marion Zimmer Bradley, je sais pas si vous connaissez.

Oui, vous aviez pas fait une publication sur votre blog à ce propos ? 

Oui c’est possible, tout à fait y a un petit moment. En fait c’est un univers où la magie est très liée aux femmes en fait. Alors je sais que c’est un peu cliché de dire ça, mais en fait les femmes ont ce truc par rapport à l’intuition, le  6ème  sens, et c’est pas pour rien que c’était beaucoup les sorcières qui étaient brulées notamment dans le sud de la France, pendant l’inquisition. Et finalement, des hommes sorciers on a pas trop de données par rapport à ça.

C’est vrai

Les femmes dérangent, parce qu’elles ont le pouvoir de créer la vie, parce qu’elles sont peut-être très connectées du coup au cycle de la nature, y a quelque chose de ça en fait.

D’accord, c’est le fait d’avoir la magie de la femme derrière qui vous pousse à faire des personnages féminins forts ?

Oui, et puis peut-être un peu ma personnalité, je dois avoir une personnalité tordue du coup pour créer des personnages, vous dites féminins forts mais finalement elles sont ambiguës.

Oui enfin je dis féminins forts, mais c’est plus féminin, des personnages importants on va dire, parce que c’est assez rare qu’on trouve des personnages principaux déjà féminins, et c’est vrai que dans votre saga la plupart des personnages importants sont féminins.

Oui c’est vrai, c’est une héroïne qui est un peu prise en main par Cassandra dans le premier tome, et là dans le 2èmetome par une autre femme. Mais vous verrez que dans la suite, puisqu’il y a 5 tomes prévus pour cette saga, elle va de plus en plus rentrer dans un monde masculin. Et justement tout l’intérêt de ce personnage je trouve, c’est une quête initiatique certes, qui se passe d’un point de vue de la magie, qui se passe dans ce royaume où elle doit prendre sa place mais elle doit aussi prendre sa place dans un monde d’hommes, en fait.

Toujours dans votre livre, Faraoh l’ennemi principal donc qui maîtrise la technologie vous l’avez dit, il s’oppose ainsi à Andraste et à sa magie. Est-ce que vous aviez comme idée avec ce choix de dénoncer notre société et de prôner un « retour à la nature » ?

Oui, je dois vous avouer, quand j’avais 17 ans en fait, quand j’ai eu cette première idée de ce monde de la magie traditionnelle, très reliée nature qui s’oppose en fait au monde de la technologie, de la science toute puissante, bien évidemment j’étais dans cette idée que les deux s’opposaient, forcément. Aujourd’hui, donc je suis beaucoup plus âgée, j’ai beaucoup plus lu sur le sujet je me suis davantage renseignée, et je ne vois plus ça comme une totale opposition. Après c’est un monde qui reste encore à être créer, je m’intéresse notamment à tout ce qui est Cyborg, les êtres humains, aujourd’hui y a toute une communauté en fait qui est en train de s’organiser, d’un point de vue mondial, c’est au-delà de la nationalité, des êtres humains qui choisissent d’eux-mêmes de ce faire implanter des puces, qui choisissent de ce faire implanter des bras mécanisés.

Oui, j’avais vu quelqu’un qui s’était fait implanter une antenne pour retrouver le nord, des trucs dans le genre.

Voilà tout à fait. Or on peut le faire par choix mais y a aussi, je pense notamment aux handicapés, en fait pour eux la technologie, on n’a pas le droit de leur interdire ça, on n’a pas le droit de leur dire ben non c’est pas bien, la notion de bien ou mal là, quand il s’agit du confort personnel, quand il s’agit de la santé, et d’améliorer la vie d’un handicapé, c’est un argument qui ne tient plus. Donc je ne suis plus du tout dans cette opposition et je pense que c’est ce qui va peut-être donner le sel de cette histoire dans les prochains tomes.

Et une petite question, qui est cette fois un peu plus personnelle parce que ça sort un peu du sujet, mais est-ce que vous lisez des mangas ? Car on retrouve notamment un gros cliché du manga dans votre saga, c’est le personnage principal avec une entité surpuissante en elle.

Ah c’est une remarque super intéressante, là je suis scotchée. Non je ne lis pas de manga.

D’accord

Mais c’est très intéressant ce que vous dites et peut-être que je vais m’y mettre du coup.

Il y a effectivement plein de choses dans le monde du manga. Vous êtes auto-éditée, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça marche ?

Alors l’autoédition, il faut savoir qu’il y a 20 ans c’est quelque chose qui n’existait pas du tout, moi j’ai commencé à écrire y a un peu plus de 15 ans, et on va dire à me chercher, à me professionnaliser, et je me suis fait littéralement envoyer bouler, par les imprimeurs, parce que c’était comme ça qu’il fallait faire à l’époque. Aujourd’hui, internet à révolutionné le monde de l’auto-édition puisque qu’il suffit en quelques clics en fait, de déposer son manuscrit en ligne après avoir crée un compte, notamment sur Amazon, Kobo, ou des sites comme Bookelis pour citer un acteur français, et ça se fait de manière très simple puisqu’en quelques clics vous uploadez votre couverture, votre manuscrit, c’est validé et boom vous avez votre roman qui est disponible auprès de milliers de lecteurs. Donc après c’est tout un travail , parce qu’on est auteur, mais il y a aussi la partie édition, tout un travail de marketing, de communication, de réflexion aussi pour créer sa tribu, en fait, sa communauté.

D’accord et pourquoi du coup Diane McNeele, vous nous l’avez dit, vous avez fait ce choix parce que, les maisons d’édition classiques vous ont envoyé bouler.

Alors c’était des imprimeurs, parce qu’à l’époque en fait il fallait faire imprimer son livre pour avoir mille exemplaires chez soi et ensuite on allait démarcher des librairies, des lecteurs etc, de manière individuelle. Aujourd’hui grâce à internet, en fait on gagne énormément de temps, on gagne beaucoup plus d’argent aussi puisqu’on ne dépense pas de sa poche pour pouvoir faire imprimer. Le choix de l’auto-édition je l’ai fait, je l’assume finalement cette année, depuis septembre. Parce que pour le premier tome je l’avais envoyé à des maisons d’édition, ça n’a pas été accepté, et puis je me suis dit ben c’est pas grave parce que je vais prendre le projet à bras le corps, et ça va me permettre d’apprendre, tout simplement. Et je continue à apprendre de jour en jour, aujourd’hui c’est vraiment un choix que j’assume, c’était pas le cas y a 3 ans.

Et combien de temps vous mettez pour écrire un livre, parce que vous l’avez dit vous avez mis énormément de temps pour écrire le tome 2, mais en général, si vous deviez faire à peu près ?

Alors la chose qui va prendre le plus de temps, ça va être de créer la structure, de créer la charpente en fait de l’histoire, le canevas général, et une fois qu’on a ce canevas, c’est 6 mois de rédaction, presque à temps plein. Après ces 6 mois de rédaction, il y a 2 mois de correction, après en faisant un aller-retour avec des correcteurs, des révisions du manuscrit, des améliorations, ce genre de choses, donc je dirais entre le moment où je commence vraiment à me mettre à la rédaction et le moment où le livre sort il faut 1 an, puisque après la correction évidemment, y a tout le travail de communication avec la couverture, la mise en page etc.

D’accord, et on peut voir que vous essayez de développer un univers trans-média, via votre blog et le journal du novice par exemple, est-ce que vous avez d’autres projets ?

Alors, c’est un gros projet, mais c’est la chaîne Youtube, en fait que j’aimerais beaucoup développer. C’est vrai que faire des vidéos ça prend énormément de temps, mais vous pouvez voir, j’ai une vidéo sur la chaîne Youtube qui s’appelle les contes de Tehut le barde, où j’ai un ami comédien, Jérémy Delaboudinière, qui va incarner finalement ce barde, Tehut racontant les légendes.  Et c’est l’idée en fait de récits complémentaires, qui ne font pas partie du roman initial, de la saga Mémoires d’Hizaion, mais qui fait partie de l’univers d’Hizaion.

D’accord donc un vrai univers trans-média en fait

Tout à fait. La deuxième chose dont je rêverais, c’est un jeu de rôles en fait, mais ça c’est encore plus de travail, donc je pense que ce sera pas avant 2-3 ans.

D’accord, quelles sont vos plus grandes influences littéraires ?

Je l’ai déjà cité, mais Marion Zimmer Bradleypour les Brumes d’Avalon, c’est le livre qui m’a marqué quand j’avais 17 ans, le Seigneur des Anneaux de Tolkien.

Normal

Normal, un grand classique, et puis c’est drôle parce que c’est après la lecture de ces deux romans que j’ai commencé à dévorer des romans d’héroic fantasy et que je me suis mise à écrire, à développer cette histoire. Et je dirais que la 3èmeinfluence, c’est Michael Moorcock, pour le Cycle d’Elric, qui est écrit de manière très différente.

Elric le nécromancien ?

Oui c’est ça.      

Est-ce que vous avez des conseils pour un ou une écrivaine voulant se lancer ?

Alors mon premier conseil ce serait de se former à l’écriture. Vraiment le côté écriture rédaction, le vocabulaire, l’orthographe, ça c’est finalement secondaire puisque c’est en lisant que l’on va intégrer ces choses-là. Ce qu’il faut vraiment travailler en fait c’est la réflexion sur la structure, et notamment moi ce qui m’a énormément aidé c’est le séminaire Story de Robert Mckee. 

D’accord

Voilà, et le deuxième conseil que je donnerai, c’est de croire en soi, c’est un petit peu de se détacher du regard des autres, c’est vrai qu’en tant qu’écrivain, c’est un métier finalement très difficile parce qu’on a toujours peur d’être jugé, on a peur d’être rejeté, et quand on commence à partager son histoire on se rend compte que finalement ben les gens mordent pas et au contraire, ils sont plutôt curieux.

 

Merci beaucoup Diane McNeele, et on espère se retrouver peut-être à la sortie du tome 3 des Mémoires d’Hizaion.

Et je me déplacerai à Millau pour l’occasion !

D’accord, bonne nouvelle ! Et bien au revoir et à une prochaine fois !

Merci Camille pour vos questions, à très bientôt !

 

C’était un reportage de Camille Demuth avec l’écrivain Diane McNeele, si vous voulez retrouver son livre, tapez le sur Amazon, c’est les Mémoires d’Hizaion, et on se retrouve une prochaine fois pour un nouveau reportage. Vous étiez à l’écoute du supplément d’agenda sur radio Larzac. Vous pouvez retrouver ce son sur notre site internet www. Radiolarzac.org. Dans l’onglet son, émission, et cliquez sur l’émission « divers ».

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