Chronique : L’Assassin du roi de Robin Hobb

Vous le savez, j’aime les intégrales. Après le cycle d’Elric et Le cycle des Princes d’Ambre, je me suis jetée dans le cycle de l’apprenti assassin, l’assassin du roi de Robin Hobb.

Résumé

Fitz est abandonné à l’âge de 5 ans par son grand père, malgré les cris de sa mère. Laissé à la garde des soldats du roi, il apprends très vite qu’il est un bâtard. Pas n’importe lequel, le bâtard du prince Chevalier Loinvoyant, l’héritier du trône. Celui ci abdique en faveur de son frère, Vérité. Jamais il ne demandera à voir Fitz, qui grandit à Castelcerf, sous la protection toute raisonnable vous allez voir, de son autre grand père, le Roi Subtil. Oui, mais tout a un prix, et la protection du Roi demande de le servir… et d’en devenir le bras armé. Bientôt une menace se profile à l’horizon : les pirates rouges ont soif de vengeance après la dernière guerre, et entreprennent de détruire leur terre d’une façon bien particulière.

Des incohérences de la part de Robin Hobb ?

Bon forcément la Diane elle est tatillon. Oui mais c’est un défaut professionnel typique de l’écrivain. Après, je tempère ces légères critiques, d’une part parce que je me doute que mes propres romans auront peut être des incohérences.

  • Umbre ne sait pas où est Burrich lorsque celui-ci laisse Fitz seul à la cabane ? Pourtant il sait tout, tout le temps, et d’ailleurs c’est son boulot d’être informé de tout. Ça m’a paru comme anormal et bizarre.
  • Vérité parcourt la route d’Art en 2 ans… quand Fitz et compagnie le fait en 3 semaines. hem hem
  • En ayant plusieurs clans, pourquoi Royal n’a pas lancé une attaque d’Art de tous les membres de ses clans sur Fitz pour le tuer une fois pour toutes ?
  • Dommage qu’on ne voit pas l’apprentissage de Fitz auprès de Rolf le Noir pour maîtriser son vif dans le fil du récit. On apprends ce qui s’est passé sous forme d’introduction dans la suite, après le tome 7.
  • Mais qu’il est con ce Fitz : qu’il soit naif ou stupide, il m’a littéralement énervé dans ce chapitre. Quand Caudront lui dit « Royal peut t’espionner à travers le fou, votre lien est tellement fort. » Et que Fitz 3 pages suivantes : « la femme que j’aime le plus au monde vit à tel endroit. » Quand on est con on est con.
  • Un regret : que la psychologie de Royal n’ait pas été plus développée au fil des pages. On comprends le fond de la pensée dans les deux chapitres. Et on mesure l’enfant gâté qu’il a été. Mais c’est le fou qui a relevé l’élément le plus intéressant dans la psychologie de Royal et qui n’a jamais été développé : Comment réagirais-tu si on avait tué ta mère ?

J’ai aimé

Je suis époustouflé par le style fluide de Robin Hobb, sa capacité à développer les états d’âme des personnages sans que cela deviennent chiant. Là où Tolkien nous perds dans les détails, Robin Hobb réussit à nous faire plonger… et on ne déccroche pas. Elle sait instiller tout au long des mots son intrigue. Je suis étonnée qu’elle puisse étirer l’action de son intrigue sur des mois… sans que je m’ennuie. Il ne se passe pas grand chose pourtant dans un roman de Robbin Hobb: nous suivons l’évolution du personnage, Fitz, notre héros sur des mois, et des années. Mais les personnages secondaires, leurs conflits intérieurs, et leur cheminement est tout aussi intéressant que l’action qui pourrait parfois tenir en une centaine de pages. Une grande leçon d’écriture pour moi.

Entendez moi bien : j’adore Tolkien, mais là, Robin Hobb l’a détrôné dans mon coeur. MAIS si vous aimez l’action trépidante, avec une page = une action, (un peu comme le Da Vinci Code) vous allez peut être moins aimer.

Lire un roman de Dan Brown c’est un peu comme passer la nuit avec un jeune homme : enthousiaste, échevelé et vous finissez hâletante.

Robin Hobb c’est l’amant expérimenté qui vous fait plonger dans une nuit que vous n’aviez pas vu venir et où chaque page est un délice dans lequel vous vous perdez.

Pour conclure

Je finis cette saga comme une nuit d’amour la tête me tourne et je suis satisfaite. Rien de pire que le sentiment d’un dénouement trop rapide et bâclé. Merci Robin Hobb ! J’ai terminé le cycle entier soit 13 tomes. Le tout en quelques mois. Je suis assez fière de moi, car je t’avoue cher lecteur, j’ai eu le coeur brisé. J’ai faillé arrêter, comme après l’épisode du Red Wedding de Game of Thrones. Mon personnage préféré meurt. L’âme soeur de Fitz. Que j’ai pleuré.

Certains voient dans les romans de fantasy des jolies fantasies justement. Des petites choses sans importance. Des histoires à dormir debout, à se raconter autour d’un verre. Mais ce qui sous tend les récits de Robin Hobb, et j’ai les larmes qui me montent aux yeux en l’écrivant ce soir: c’est la perte. Le sentiment de perte incommensurable qui ampute Fitz, le héros de tout. On lui prendra tout, au nom de la sauvegarde du trône des Loinvoyant. Comment continuer ? Comment continuer à vivre quand on perd la moitié de soi-même ? Comment continuer à lutter quand tu perds la famille que tu espérais fonder ? Je suis sortie écorchée vive de cette lecture, bouleversée. Et comme un bon vin, je vais laisser s’imprégner cette histoire dans en moi avant d’en reprendre une gorgée. Et oui, la suite du cycle se poursuit avec une 3ème partie. je n’ai pas lu les aventuriers de la mer qui intervient entre le 1er et le 2ème cycle de l’Assassin royal. Je ne pouvais tout simplement pas abandonner l’histoire de Fitz et du fou.

Voilà cher lecteur, plonge avec délice dans cette aventure, tu en ressortiras grandi. Et j’ai hâte de lire ta réaction, ton avis.

Salutations le clan

Diane McNeele

Chronique: le Cycle des princes d’Ambre

Salut le clan ! Aujourd’hui une chronique sur une saga que j’ai dévoré, d’où mon silence de quelques semaines sur ce blog… A savoir le Cycle des princes d’Ambre. Cette saga, sortie dans les années 1970, est une des sources d’inspirations qui a permis l’écriture de Games of Thrones.
Le Cycle d’Ambre est en réalité une saga de science fiction (mais tu sauras un peu plus loin pourquoi je fais une chronique sur ce blog de fantasy) Ce cycle est écrit par Roger Zélazny, un roman américain. Il faut bien savoir avant de commencer que ce cycle est divisé en deux. Je vous préviens parce que lorsque j’ai compris que l’aventure de Corwin était terminée, et qu’on enchaînait sur Merlin… J’étais un peu dégoutée et j’ai failli lâcher le bouquin après les Cours du Chaos.
On suit tout d’abord les aventures de Corwin, prince d’Ambre, sur 5 tomes. Puis on suit les aventures de Merlin, son fils sur 5 tomes également dans ce qu’on appelle le cycle de Merlin.Mais jolie surprise ! Je me suis laissée prendre rapidement par l’intrigue que vit Merlin au bout de quelques pages. En fait, ce personnage est drôle, insolent, et méprisant du danger: le digne fils de son père Corwin.Ces deux héros sont de vrais aventurier mais pas sans foi ni loi. Car Corwin a sa loyauté envers Ambre. Le reste… peuvent s’avérer être des pions.Corwin, manipule, couche avec une descendante de son frère, tue à la déloyale dans un combat singulier. Mais ce prince d’Ambre est touchant. Je ne veux pas spoiler l’intrigue, mais vous allez accrocher : j’ai dévoré en un mois l’intégralité de la saga qui compte 10 tomes. Petit récapitulatif de cette oeuvre de Roger Zélazny.
Si vous aimez les intrigues géopolitiques et les dialogues ciselés entre manipulation et faux semblants à la Game of Thrones, alors foncez !

Ce que j’ai aimé dans le Cycle des Princes d’Ambre.

Bon le personnage d’abord de Corwin. J’adore ce genre de personnage qui a l’innocence et l’arrogance de se dire : « J’y vais, et on verra bien ce qui se passe. » Ca change d’Elric le maudit qui traîne ses questionnements existentiels à longueur de temps…

Corwin Prince d’Ambre

L’autre qualité de cette saga est le traitement de la magie. Car oui, voilà pourquoi j’écris sur ce roman. Mon frère m’en avait parlé ado, complètement enthousiasmé. « C’est des gens qui utilisent leur mental pour imaginer l’endroit où ils veulent aller et ils peuvent s’y rendre. »Comme je suis adepte de la visualisation et des techniques de neuro science pour écrire mes propres romans, j’étais évidemment intriguée.C’est la particularité du sang de la famille royale d’Ambre. Ambre est une Cité, sur le modèle platonicien, dans une dimension parallèle au notre, la terre, qu’ils appellent Ombre. Les princes et princesses d’Ambre ont la faculté donc de se déplacer via cette visualisation d’Ambre jusqu’à Ombre, à peu près là où ils le veulent. Cela demande beaucoup d’effort de parcourir une certaine distance, mais l’avantage est Corwin est qu’il peut se rendre dans des endroits connus de lui seul. L’autre moyen pour se déplacer est de se « téléporter » est d’utiliser un atout. Une carte représentant un membre de la famille: en se concentrant dessus, tout prince d’Ambre peut entamer un dialogue, et en tendant la main, faire passer dans l’endroit de l’interlocuteur.

Les atouts d’Ambre

Une autre spécificité de la famille royale d’Ambre est la capacité à traverser la marelle, une figure assez mystérieuse, ayant un effet particulier sur leur adn. La traverser implique de se confronter à soi-même, et d’acquérir plus de pouvoir. Ainsi que d’être téléporté là on l’on veut.

Mais si vous découvrez tout ça, c’est grâce l’écriture ciselée de Roger Zélazny qui introduit ces éléments au fur et à mesure : la quête de Corwin commence par une quête d’identité. Le héros s’éveille dans un lit d’hôpital, sans se souvenir de qui il est. Un terrible accident de voiture l’a privé de ses souvenirs… Nous découvrons donc sa personnalité roublarde, son sens de la manipulation, son intelligence, avant qu’il ne découvre ses capacités magiques. Brillant. Nous découvrons ensuite seulement sa famille: une famille qui pratique la manipulation et le mensonge (hum et l’inceste) comme un sport. Le but ? Acquérir le pouvoir de se déplacer en Ombre à leur guise, et pour la fratrie de Corwin… le trône d’Ambre bien sûr.Merlin, fils de Corwin, ressemble à son père par certains côtés. Mais n’ayant pas grandi en Ambre, il a conservé une innocence et une grande droiture d’esprit. Merlin est fils de Corwin et de Dara, une princesse du Chaos.Le Chaos est régi par le Serpent, et Ambre est régi par la Licorne. Ordre et Chaos se disputent la main mise de l’univers et c’est ce duel commencé à l’époque de Corwin qui trouve son apogée dans les aventures de Merlin. Toute l’aventure de Corwin servait à préparer les aventures de Merlin.Ce que j’aime chez Merlin, c’est qu’il ne veut rien. Il voudrait juste continuer sa petite vie nomade, et explorer la magie, sauf qu’il est un redoutable magicien.

Bien plus impressionnant que Corwin qui a juste le pouvoir de se déplacer et est un fin bretteur. Il ne veut pas d’adversaire, il ne veut pas du trône, Merlin veut juste retrouver son père disparu depuis 6 ans. Sauf que… à chaque date d’anniversaire, Merlin est victime d’une tentative d’assassinat. Qui veut le tuer ? Sa famille d’Ambre ? Sa famille du chaos ? Julia son ex petite amie… qui vient d’être assassinée ? Car cela voudrait dire que quelqu’un connaitrait sa véritable identité sur Ombre terre.
C’est un plaisir d’évoluer en même que temps que Corwin ou Merlin dans des univers aux références qu’on reconnaîtra : Le Mont St Michel pour Ambre, le labyrinthe de la cathédrale de Chartres pour la marelle… On retrouve cette idée déjà explorée par Michael Moorcock, à savoir un multivers. (La notion de multivers, pour votre petite culture générale, a été théorisée par le physicien Hugh Everett.)

Ce que j’ai moins aimé dans le Cycle des Princes d’Ambre.

J’ai été horriblement déçue par la fin. Non pas qu’elle n’est pas satisfaisante mais tant de choses sont laissées en suspens ! Les 10 tomes trouvent leur résolution finale en 3 pages. D’accord, on l’apprend en cours d’écriture, la scène de résolution doit être courte. Mais bon quand même ! J’aurais aimé un épilogue d’une dizaine de pages: des pages où l’on verrait que Merlin noue enfin des relations avec son père. Peut-être une scène entre le Roi d’Ambre (je vous dirai pas qui c’est !) et le nouveau roi du Chaos  (Non plus !!). Une autre scène entre Dara et Corwin aurait été nécessaire pour développer leur relation. Car Corwin commence à avoir des sentiments pour Dara à un moment donné… je me retrouve frustrée sur pas mal de points de l’histoire. On découvre également des personnages secondaires introduits dans les 3 derniers chapitres qui semblent important pour Merlin. Tels que Rhanda par exemple, présentée sous forme d’un souvenir d’enfance, et qui réapparait dans un rêve…. et c’est tout. 

Pour conclure cette chronique sur le Cycle des Princes des d’Ambre

Le cycle des Princes d’Ambre est un excellent cycle de fantasy plutôt cape et épée mixée avec le fantastique. je ne comprends pas trop d’ailleurs la catégorisation en Science fiction de l’editeur, car d’après ce que j’ai lu, le fantastique est caractérisé par l’irruption d’un élément surnaturel dans le réel. Quand je lis la définition de la science fiction « Genre littéraire et artistique qui décrit un état futur du monde en extrapolant les données de la science ou de la technologie »… bah ça colle pas. Car Ambre n’utilise pas de technologie, mais les arts magiques…Si vous accrochez autant que moi, prévoyez un bon mois pour lire l’intégrale. A savoir qu’il existe une préquelle écrite par  John Gregory Betancourt d’après les notes de Roger Zelazny : comment tout a commencé… Comment la première marelle a été crée… Et pour les férus de jeu de rôle, Ambre est un jeu de rôle édité en France par les Jeux Descartes à partir de 1994. Il a été conçu et écrit par Erick Wujcik, d’après le Cycle des Princes d’Ambre

Et vous le clan ? Vous avez lu quoi ce mois-ci ?

Diane McNeele

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  • Cycle des princes d’Ambre
  • Corwin prince of Amber
  • Le cycle des Neuf Princes d’Ambre adapté en série télé par le créateur de The Walking Dead
  • Robert Kirkman

Non chers David Benioff et D.B. Weiss, la saison 8 de GOT ne fonctionne pas

ATTENTION SPOILERS ! Ne lisez pas cet article si vous n’avez pas encore vu la saison 8. Bon j’ai fait exprès de laisser passer du temps pour que tout le monde l’ai vue, cette fichue saison. Donc normalement ça va.

Personnellement, j’ai arrêté de regarder la série à la saison 3, traumatisée par le red wedding, et la mort de Robb Start, mon personnage préféré, et l’homme de ma vie. (Grand, le port altier, yeux bleux, noble de coeur et d’âme…snif) MAIS je suivais la série de loin en lisant les résumés sur le net. Quelle déception à la fin de cette saison 8. 2 ans de préparation et de tournage…. pour ça ? Le gros défaut de cette saison 8 est que de nombreux éléments qui ont mis 7 ans à s’installer, sont résolus en 1 épisode. Les marcheurs blancs qui devaient foutre le bordel dans les 7 royaume ? Ben arrêtés juste après le nord, à Winterfell. Petit récapitulatif : mes 7 raisons pour lesquelles cette dernière saison de Game Of Tnrones, la dite saison 8, ne fonctionne pas.

1. Certes il y avaient des indices

Regardons la 1ère vision de Daenerys : on s’étaient tous dits que c’était de la neige dans cette salle du trône. Le deuxième indice est cette devineresse que Daenerys avait rencontré à Qarth : « tu seras trahie par l’amour »Donc certes, les show runners avaient préparé le terrain : le changement dans le personnage de Daenerys était donc possible. Mais de là à le faire arriver en… un épisode ???

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2. Mais une queen juste, même dans la vengeance.

Daenerys, même lorsqu’elle devait se venger…. est toujours restée juste, et donc sympathique. Mais surtout intelligente. Plus intelligente que ses adversaires. 7 saisons, où le personnage prends de l’ampleur et nous surprends par son intelligence… celle qu’on prenait pour une dinde blonde inconsistance dans les premiers épisodes de la saison 1… est une fine manipulatrice. On se souvient tous de la façon dont elle s’approprie les unborn… Elle fait exécuter par son dragon les maîtres esclaves, après leur avoir volé leur armée. Well done girl ! Mais bien avant… la fille Targaryen avait montré son sens de la stratégie:  vendue par Viserys à Khal Drogo, celui-ci la viole lors de leur nuit de noce. La petite Daenerys abat sa première carte, et le séduit : elle devient sa queen, et conquiert tout son petit monde… et mène Khal Drogo par le bout du nez. La petite Daenerys a bien compris que tout arrive à point pour qui sait attendre : elle attend 6 saisons pour embarquer avec sa flotte, et son armée vers Port-real.
Enfin… Compliqué de faire vriller un personnage qui a montré autant de compassion, (Elle pardonne même à Ser Joras qui l’a trahie quelques saisons plus tôt.)  et d’intelligence. Daenerys aurait pu demander l’exécution de Cersei par le peuple : une petite lapidation, c’est tout ce que la bitch de Cersei méritait d’ailleurs. Mais surtout, Daenerys sait parler (enfin crier) aux gens : elle sait être un chef, charismatique, et convertir les gens en leur promettant un avenir meilleur. Tenez, comme je suis super sympatoche, voici le discours que Daenerys aurait pu prononcer devant les gens de Port Real: « Je sais que vous me voyez comme la fille du Roi Fou. Celui qui a failli détruire. Je suis venue non pas poursuivre, mais réparer les erreurs. J’aurais pu vous détruire, je ne l’ai pas fait. Mais quelqu’un était prête à vous détruire. Votre reine, n’a pas bougé devant la menace des marcheurs blancs. Elle était prête à vous abandonner. A risquer votre vie pour garder son trône. Choisissez-vous cette reine ou celle qui vous a sauvé… avant que vous ne la connaissiez ? Peuple des 7 royaumes, je ne suis pas venue détruire, je suis venue vous servir.« 
Voilà comment une queen parle. Voilà l’intelligence de Daenerys et surtout une réaction cohérente.

3. L’argument de David Benioff et DB Weiss ? « Sa réaction face à la mort fait froid dans le dos. »

Ben non. C’est tout le truc de la série GOT, et ceci, depuis le début : Eddard Stark a de la compassion dans les premiers épisodes, quand il doit exécuter un garde qui a fui le mur, et a déserté the black watch. Il n’est pas heureux de le faire, mais il le fait par nécessité. Le mot était donné, si tu as de la compassion et que tu montres de la pitié, tu te fais zigouiller. La réaction d’Arya Stark lorsqu’elle exécute Walder Frey est beaucoup plus inquiétante : un sourire de satisfaction sadique apparait sur son visage. Jamais Daenerys n’a éprouvé de la satisfaction à voir mourir, son frère, les esclavagistes, ou les ennemis qui refusaient de se soumettre. Depuis le début, on nous assène que c’est un monde impitoyable : c’est donc bien normal qu’elle ait cette réaction. Welcome dans les 7 royaumes !

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4. 2ème argument des show runners de Game of thrones : elle a tout perdu, et est abandonnée, trahie de tous.

Attendez les gars, revenons aux débuts, aux origines du personnage de Daenerys : celle qui n’est qu’une poupée évanescente n’est rien, et a tout perdu. Sa patrie, sa famille, son trône, et même sa force vitale. Avoir grandi avec un frère clairement dominateur, la trahison du khalassar, la trahison de sa suivante qui fait assassiner sa suite, puis la trahison de Ser Joras, lui avait déjà appris les affres du pouvoir. C’étaient ces trahisons et ces obstacles qui avaient endurci la mère des dragons. Daenerys est déjà rompue au pouvoir. (C’est l’une des raisons pour laquelle Daenerys, à mon sens, est appelée mère des dragons: ils ont toujours été son son seul véritable soutien.)
Et là, on voudrait nous faire croire qu’en 1 épisode, elle se sent trahie et abandonnée, et… vrille vers la folie ? Devenant la mad queen ?

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5. La folie est rampante

Un peu de documentation n’aurait pas fait de mal à David Benioff et D.B. Weiss : la folie n’apparait pas en quelques semaines. Elle est là, depuis des années, à la suite d’un traumatisme. Et se révèle au au grand jour lors d’un second traumatisme.Autre possibilité : la douleur persistante, physique et mentale qui rend effectivement fou. Or il me semble que la petite Dany sait bien se faire plaisir de temps en temps quand même….

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6. Elle était censée être l’héroine 

Il faut savoir un truc de base si tu veux devenir romancier ou un scénario : quand tu passes autant de temps à créer un personnage, à le mettre en avant vis à vis des autres, et à lui donner des idéaux… tu passes un espèce de contrat avec le public? Le public te dit « Ok, bon donc on va suivre les aventures de cette nana. » Depuis le début, David Benioff et D.B. Weiss en ont fait l’héroine : la gentille qui veut régner avec compassion. Les créateurs sont allés trop loin dans la gentification et ont forcé le trait. Forcément, les fans ne comprennent plus ce revirement… en plus si loin des idéaux de Daenerys… et si rapide !

7. Une saison trop courte

Et oui, c’est le gros reproche que je lis sur internet : tant d’intrigues développées sur 7 saisons, pour une résolution en quelques épisodes. Je pense que le vrillage du personnage serait mieux passé, s’il avait été développé sur quelques épisodes de plus. Quelle déception… pour tout le monde.

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Quel dommage. J’avais été accrochée comme une dingue par la première saison de GOT : je la trouvais bien écrite, bien rythmée, visuellement très réussie. Une chef d’oeuvre de la télévision comme j’aimerais en voir à la télévision française. Oui mais voilà. David Benioff et D.B. Weiss ont développé un gros défaut en 7 saisons. Game of Thrones a été la série la plus commentée, la plus téléchargée, la plus nominée.. Bref de quoi choper la grosse tête. Un ego surdimensionné. C’est le job de tout romancier ou show runner de surprendre son audience : tout lui donnant satisfaction. Et c’est là que le bât blesse : les show runners ont développé ce truc de « ce n’est pas au public de décider, nous savons ce que nous faisons, quitte à ce que ça ne vous plaise pas ».Ils avaient déjà montré leur mauvaise foi après la demande du public féminin de montrer plus de nudité masculine pour équilibrer : un personnage montrait son penis à un autre en s’en plaignant dans la saison suivante. Une scène comique, tout sauf sexuelle. De quoi faire un pied de nez au public. Léger souci les gars… c’est le public qui commande, surtout dans une industrie comme la télévision où les audiences commandent. A ce jour, la pétition demandant la réécriture de la saison 8 a dépassé le million. 
Surprendre, dérouter, jouer oui. Etre malhonnête… non. Forcer les traits d’un personnage pour lui faire prendre la direction que vous voulez ne vous mène à rien sinon qu’à braquer le public.

 Et sinon, vous qu’avez vous pensée de la saison 8 ? Pas trop déçus ? Avez vous lu les romans de GR Martin ? Moi je compte les lire maintenant, quand il aura terminé les deux derniers livres. Dans son blog, Georges R Martin disait qu’il allait écrire et terminer sa saga du Trone de Fer à sa façon. Je pense que même si le personnage de Daenerys vrille de même, ce sera de toute façon plus satisfaisant car mieux développé. Bon allez, je vais commencer le cycle de l’Assassin de Robin Hobb pour me remettre de tout ça.

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Diane McNeele


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  • Daenerys targaryen saison 8
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  • Fin saison 8 GOT

Chronique : LEGEND

Temps de lecture : 5 minutes

Ha les années 80. Cette musique au synthé. Ils en mettaient partout à l’époque. De quoi mettre une claque bien senti aux films qui auraient pu mieux vieillir. C’est le cas de Ladyhawk, et c’est le cas de Legend.

Ce gentillet film de fantasy est de Ridley Scott, avec Tom Cruise et Mira Sara, sorti en 1985. Voui, le truc, l’année de ma naissance. Et Legend, c’est un bout de mon enfance.

Le résumé : Lili, est une jeune et jolie princesse, qui courre dans les champs digne de La maison dans la prairie. Lili est convoitée à la fois par Jack, jeune homme proche de la nature, et par Darkness, véritable incarnation du mal, qui ne rêve que de plonger le monde dans une nuit éternelle. Darkness = obscurité. Bon déjà, quand tu as compris ça, tu as compris le niveau de développement de l’histoire.

Darkness veut tuer les deux licornes protectrices. Avec l’aide de Gump, un lutin, et de ses acolytes Screwball et Tom Brown, Jack se lance dans une quête effrénée pour arrêter Darkness et empêcher la transformation de Lili en créature perverse.

Tom Cruise Legend (1985) Trailer

Ce que j’ai aimé dans le film Legend

Et non, perdu, pas Tom Cruise. Ce que j’aime dans les films des années 80, c’est qu’ils essaient d’être plus grand que le cinéma : plus de musique, plus d’effets spéciaux, de gags…. Je croirais presque que les réalisateurs de ces années avaient un complexe d’infériorité par rapport aux cinéastes précédents.

Conçu par Scott comme une tournure sombre et somptueuse d’un film Disney et des frères Grimm… le film est un échec cuisant au box office. Souffrant de retouches de studio sans fin, il gagne moins de 15 millions de dollars avec un budget de 25 millions de dollars. Trop bête parcequ’au début des années 80, il y a eu un mini boom des films de fantasy : Willow, Conan le barbare, Dark Crystal… Mais l’échec de Legend au box office met au coup d’arrêt à la fantasy et à la sword and sorcery comme genre rentable auprès des studios. Il faudra attendre un certain Peter Jackson et sa fameuse trilogie pour remettre la magie sur nos écrans.

Photographie à couper le souffle, sublime musique de Jerry Goldsmith, costumes et maquillages… Legend, malgré l’histoire qui semble bien naïve, a bercé mon enfance, et sûrement la votre. Si ce n’est pas le cas, faites découvrir ce film aux enfants. Vous leur mettrez de la magie dans les yeux. Mais regardez à ce moment là, la version européenne : Ridley Scott lui même renie le montage réalisé par le studio américain.

Certains disent que le film a mal vieilli. Je ne suis pas d’accord. Visuellement, c’est beau, comme une série de tableaux de maîtres de peinture. Ridley Scott joue avec les merveilles de la nature : pluie, paillettes, neige, fumée, poussière, pétales, reflets, pollen, vol d’oiseaux… tout élément accroche la lumière et rend l’univers de fantasy prégnant. Le truc, c’est qu’il faudrait le redécouvrir en salle… dans sa version européenne.

La licorne dans la forêt… éblouissant.

Ce que je n’ai pas aimé dans Darkness

Bon le jeu de Tom Cruise n’est pas détonnant, mais normal, c’était l’un de ses premiers films. Je n’ai pas été très convaincue enfant par Darkness : son costume et ses deux cornes sont impressionnants. Il faut bien compenser son objectif vachement simplet quand même : conquérir le monde. Répandre le mal et l’obscurité sur l’univers. Mouaif. Peut mieux faire. Je ne croyais pas non plus à la petite fixette que fait Darkness sur Lili. Pourquoi donc s’embarrasser d’une humaine ? Pourquoi elle ? C’est sans doute une métaphore : ternir Lili, la pervertir… c’est peut-être par ce personnage qui symbolise l’innocence que commence la conquête du monde de Darkness. Faut-il y voir une allégorie du masculin double ? Tom Cruise, sorte de Peter Pan protecteur de la forêt, VS Darkness le mâle dominant aux membres turgescents ?

Darkness aux attributs plus qu’imposants.

Ho ! Je parlais de ses cornes voyons !!!

Autre chose, le dénouement au final, vous l’aurez deviné, heureux, mais trop simple. Cela manque de cruauté, de perte. Dans le voyage du héros, le héros en prend sacrément plein la figure. C’est pour cela qu’il accède au statut de héros. Frodo doit aller à l’autre bout du monde pour jeter un anneau dans le feu du Mordor. Tom Cruise aurait pu, lui aussi, se faire amputer de quelque chose, sacré nom de nom. Bah non. Même pas mal. Même pas le brushing ébouriffé.

Pour conclure, ce film est un Rubens du cinéma, une merveille visuelle. A voir si vous aimez la fantasy, et à faire découvrir à vos enfant, neveu, nièce. Il n’est jamais trop tôt pour s’émerveiller. Ou trop tard. Voilà ce que je répondrais aux hautains qui n’aiment que les films pour adultes.

Voilà le clan, j’espère que cet article vous aura donné envie d’initier vos petits hobbits et vos petits vikings à la magie de Legend.

Diane McNeele

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  • Critique de film Legend
  • Legend Tom Cruise
  • Legend Ridley Scott

Chronique : WILLOW

Temps de lecture 3 minutes.

Il fallait. Il le fallait absolument. Impossible de tenir un blog sur la fantasy sans parler de WILLOW. Willow quoi.

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Non pas elle ! Willow, le film de fantasy de Georges Lucas et Ron Howard. Cette pépite des années 80 qui m’a bien foutu les jetons avec ses molosses à fourrures qui poursuivent le bébé au début du film. A l’heure où une suite pour ce film de fantasy serait en écriture, petit article sur l’un de mes films préférés. Oui j’assume totalement. Na !

En résumé, la cruelle reine Bavmorda règne sur le peuple des Daïkinis. Lorsqu’une prédiction annonce la naissance imminente d’une princesse qui la détrônera, Bavmorda, cette saleté, donne l’ordre de tuer tous les nouveau-nés du royaume. Elora, le bébé de la prophétie, échappe au massacre. Elle est recueillie par Willow, un homme de petite taille du peuple des Nelwyns. Ce dernier est chargé de ramener l’enfant au pays des Daïkinis. S’ensuit une quête où l’apprenti sorcier rencontre un renégat qui devient un sacré chevalier ( Val Kilmer), et l’une des méchantes devient gentille.

Willow Official Trailer #2 – Val Kilmer, Warwick Davis Movie (1988) HD

Ce que j’ai aimé dans Willow

Ce n’est pas pour rien que Willow a reçu 3 nominations. On rigole aujourd’hui des effets spéciaux au charme suranné. Mais ce film a redonné un souffle au cinéma fantastique américain. C’est de la pure high fantasy en costume. Le travail sur les décors est fantastique, et si je trouve la photographie, le jeu avec la lumière assez banal, la mise en scène est relevée par des prouesses technologiques révolutionnaires . A l’époque, l’animatronique, et le morphing étaient des effets spéciaux avant gardistes. Ron Howard a aussi utilisé la peinture sur verre, et a cherché à composer ses plans avec originalité. Regardez les mouvements de caméra également : c’est dynamique, enlevé, et du jamais vu dans les années 80. Les longs métrages de Boorman (Excalibur) et de Milius (Conan) avaient préparé le terrain.

Ce que je n’ai pas aimé dans Willow

En fait, ce n’est pas des choses que je n’aime pas. C’est difficile de trouver des points négatifs à un film qui a marqué notre enfance. Il garde cette aura de magie et d’enchantement.

C’est avec l’âge, et en le revoyant à l’âge adulte que je trouve le scénario léger, mais surtout, qu’il résonne avec Star Wars. Je m’explique : j’ai l’impression que Georges Lucas a fait un brouillon de sa trilogie. Un magicien (dans le genre Luke ou Obiwan Kenobi), un mercenaire plutôt badass, mais au coeur tendre, et à la belle gueule (aka Han Solo), une princesse rebelle ( Princesse Leia) s’allient pour sauver un enfant, qui seul, pourra détruire une reine férue de magie noire : tiens, son général Kael porte un casque en forme de tête de mort (Dark Vador ??).

Tiens d’ailleurs la magie noire lui réussit pas non plus à la Bavmorda : elle tire une tête d’empereur Palpatine quand elle a trop pratiqué.

Pour conclure sur Willow

A noter qu’à la suite de la sortie de Willow en 1988, une trilogie de livres a été publiée, entre 1995 et 1999 sous le nom des Chronicles of the Shadow War. Ce cycle se déroule 12 ans après les événements de Willow. Il est écrit par Chris Claremont, d’après une histoire originale de George Lucas. Et oui, Georges Lucas a la manie d’étendre ses univers. Et je me doute qu’il va aller piocher dans ces 3 livres de quoi ficeler une suite pour Willow.

Autre anecdote intéressante à connaître, Ron Howard, voulait alors réaliser une adaptation du Seigneur des Anneaux au cinéma. Mais à l’époque, l’entreprise était impossible avec les moyens de l’époque. Il se rabattit donc sur un scénario plus approprié avec son « Willow ». Et oui, le peuple des Nelwyn…. ce sont les hobbits !

Voilà le clan ! J’espère que vous reverrez Willow d’un autre oeil après cette critique de Willow.

Diane McNeele

Mots clés utilisés pour la recherche :

  • critique de Willow
  • film de fantasy
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