Chronique : L’Assassin du roi de Robin Hobb

Vous le savez, j’aime les intégrales. Après le cycle d’Elric et Le cycle des Princes d’Ambre, je me suis jetée dans le cycle de l’apprenti assassin, l’assassin du roi de Robin Hobb.

Résumé

Fitz est abandonné à l’âge de 5 ans par son grand père, malgré les cris de sa mère. Laissé à la garde des soldats du roi, il apprends très vite qu’il est un bâtard. Pas n’importe lequel, le bâtard du prince Chevalier Loinvoyant, l’héritier du trône. Celui ci abdique en faveur de son frère, Vérité. Jamais il ne demandera à voir Fitz, qui grandit à Castelcerf, sous la protection toute raisonnable vous allez voir, de son autre grand père, le Roi Subtil. Oui, mais tout a un prix, et la protection du Roi demande de le servir… et d’en devenir le bras armé. Bientôt une menace se profile à l’horizon : les pirates rouges ont soif de vengeance après la dernière guerre, et entreprennent de détruire leur terre d’une façon bien particulière.

Des incohérences de la part de Robin Hobb ?

Bon forcément la Diane elle est tatillon. Oui mais c’est un défaut professionnel typique de l’écrivain. Après, je tempère ces légères critiques, d’une part parce que je me doute que mes propres romans auront peut être des incohérences.

  • Umbre ne sait pas où est Burrich lorsque celui-ci laisse Fitz seul à la cabane ? Pourtant il sait tout, tout le temps, et d’ailleurs c’est son boulot d’être informé de tout. Ça m’a paru comme anormal et bizarre.
  • Vérité parcourt la route d’Art en 2 ans… quand Fitz et compagnie le fait en 3 semaines. hem hem
  • En ayant plusieurs clans, pourquoi Royal n’a pas lancé une attaque d’Art de tous les membres de ses clans sur Fitz pour le tuer une fois pour toutes ?
  • Dommage qu’on ne voit pas l’apprentissage de Fitz auprès de Rolf le Noir pour maîtriser son vif dans le fil du récit. On apprends ce qui s’est passé sous forme d’introduction dans la suite, après le tome 7.
  • Mais qu’il est con ce Fitz : qu’il soit naif ou stupide, il m’a littéralement énervé dans ce chapitre. Quand Caudront lui dit “Royal peut t’espionner à travers le fou, votre lien est tellement fort.” Et que Fitz 3 pages suivantes : “la femme que j’aime le plus au monde vit à tel endroit.” Quand on est con on est con.
  • Un regret : que la psychologie de Royal n’ait pas été plus développée au fil des pages. On comprends le fond de la pensée dans les deux chapitres. Et on mesure l’enfant gâté qu’il a été. Mais c’est le fou qui a relevé l’élément le plus intéressant dans la psychologie de Royal et qui n’a jamais été développé : Comment réagirais-tu si on avait tué ta mère ?

J’ai aimé

Je suis époustouflé par le style fluide de Robin Hobb, sa capacité à développer les états d’âme des personnages sans que cela deviennent chiant. Là où Tolkien nous perds dans les détails, Robin Hobb réussit à nous faire plonger… et on ne déccroche pas. Elle sait instiller tout au long des mots son intrigue. Je suis étonnée qu’elle puisse étirer l’action de son intrigue sur des mois… sans que je m’ennuie. Il ne se passe pas grand chose pourtant dans un roman de Robbin Hobb: nous suivons l’évolution du personnage, Fitz, notre héros sur des mois, et des années. Mais les personnages secondaires, leurs conflits intérieurs, et leur cheminement est tout aussi intéressant que l’action qui pourrait parfois tenir en une centaine de pages. Une grande leçon d’écriture pour moi.

Entendez moi bien : j’adore Tolkien, mais là, Robin Hobb l’a détrôné dans mon coeur. MAIS si vous aimez l’action trépidante, avec une page = une action, (un peu comme le Da Vinci Code) vous allez peut être moins aimer.

Lire un roman de Dan Brown c’est un peu comme passer la nuit avec un jeune homme : enthousiaste, échevelé et vous finissez hâletante.

Robin Hobb c’est l’amant expérimenté qui vous fait plonger dans une nuit que vous n’aviez pas vu venir et où chaque page est un délice dans lequel vous vous perdez.

Pour conclure

Je finis cette saga comme une nuit d’amour la tête me tourne et je suis satisfaite. Rien de pire que le sentiment d’un dénouement trop rapide et bâclé. Merci Robin Hobb ! J’ai terminé le cycle entier soit 13 tomes. Le tout en quelques mois. Je suis assez fière de moi, car je t’avoue cher lecteur, j’ai eu le coeur brisé. J’ai faillé arrêter, comme après l’épisode du Red Wedding de Game of Thrones. Mon personnage préféré meurt. L’âme soeur de Fitz. Que j’ai pleuré.

Certains voient dans les romans de fantasy des jolies fantasies justement. Des petites choses sans importance. Des histoires à dormir debout, à se raconter autour d’un verre. Mais ce qui sous tend les récits de Robin Hobb, et j’ai les larmes qui me montent aux yeux en l’écrivant ce soir: c’est la perte. Le sentiment de perte incommensurable qui ampute Fitz, le héros de tout. On lui prendra tout, au nom de la sauvegarde du trône des Loinvoyant. Comment continuer ? Comment continuer à vivre quand on perd la moitié de soi-même ? Comment continuer à lutter quand tu perds la famille que tu espérais fonder ? Je suis sortie écorchée vive de cette lecture, bouleversée. Et comme un bon vin, je vais laisser s’imprégner cette histoire dans en moi avant d’en reprendre une gorgée. Et oui, la suite du cycle se poursuit avec une 3ème partie. je n’ai pas lu les aventuriers de la mer qui intervient entre le 1er et le 2ème cycle de l’Assassin royal. Je ne pouvais tout simplement pas abandonner l’histoire de Fitz et du fou.

Voilà cher lecteur, plonge avec délice dans cette aventure, tu en ressortiras grandi. Et j’ai hâte de lire ta réaction, ton avis.

Salutations le clan

Diane McNeele

Non chers David Benioff et D.B. Weiss, la saison 8 de GOT ne fonctionne pas

ATTENTION SPOILERS ! Ne lisez pas cet article si vous n’avez pas encore vu la saison 8. Bon j’ai fait exprès de laisser passer du temps pour que tout le monde l’ai vue, cette fichue saison. Donc normalement ça va.

Personnellement, j’ai arrêté de regarder la série à la saison 3, traumatisée par le red wedding, et la mort de Robb Start, mon personnage préféré, et l’homme de ma vie. (Grand, le port altier, yeux bleux, noble de coeur et d’âme…snif) MAIS je suivais la série de loin en lisant les résumés sur le net. Quelle déception à la fin de cette saison 8. 2 ans de préparation et de tournage…. pour ça ? Le gros défaut de cette saison 8 est que de nombreux éléments qui ont mis 7 ans à s’installer, sont résolus en 1 épisode. Les marcheurs blancs qui devaient foutre le bordel dans les 7 royaume ? Ben arrêtés juste après le nord, à Winterfell. Petit récapitulatif : mes 7 raisons pour lesquelles cette dernière saison de Game Of Tnrones, la dite saison 8, ne fonctionne pas.

1. Certes il y avaient des indices

Regardons la 1ère vision de Daenerys : on s’étaient tous dits que c’était de la neige dans cette salle du trône. Le deuxième indice est cette devineresse que Daenerys avait rencontré à Qarth : “tu seras trahie par l’amour”Donc certes, les show runners avaient préparé le terrain : le changement dans le personnage de Daenerys était donc possible. Mais de là à le faire arriver en… un épisode ???

via GIPHY

2. Mais une queen juste, même dans la vengeance.

Daenerys, même lorsqu’elle devait se venger…. est toujours restée juste, et donc sympathique. Mais surtout intelligente. Plus intelligente que ses adversaires. 7 saisons, où le personnage prends de l’ampleur et nous surprends par son intelligence… celle qu’on prenait pour une dinde blonde inconsistance dans les premiers épisodes de la saison 1… est une fine manipulatrice. On se souvient tous de la façon dont elle s’approprie les unborn… Elle fait exécuter par son dragon les maîtres esclaves, après leur avoir volé leur armée. Well done girl ! Mais bien avant… la fille Targaryen avait montré son sens de la stratégie:  vendue par Viserys à Khal Drogo, celui-ci la viole lors de leur nuit de noce. La petite Daenerys abat sa première carte, et le séduit : elle devient sa queen, et conquiert tout son petit monde… et mène Khal Drogo par le bout du nez. La petite Daenerys a bien compris que tout arrive à point pour qui sait attendre : elle attend 6 saisons pour embarquer avec sa flotte, et son armée vers Port-real.
Enfin… Compliqué de faire vriller un personnage qui a montré autant de compassion, (Elle pardonne même à Ser Joras qui l’a trahie quelques saisons plus tôt.)  et d’intelligence. Daenerys aurait pu demander l’exécution de Cersei par le peuple : une petite lapidation, c’est tout ce que la bitch de Cersei méritait d’ailleurs. Mais surtout, Daenerys sait parler (enfin crier) aux gens : elle sait être un chef, charismatique, et convertir les gens en leur promettant un avenir meilleur. Tenez, comme je suis super sympatoche, voici le discours que Daenerys aurait pu prononcer devant les gens de Port Real: “Je sais que vous me voyez comme la fille du Roi Fou. Celui qui a failli détruire. Je suis venue non pas poursuivre, mais réparer les erreurs. J’aurais pu vous détruire, je ne l’ai pas fait. Mais quelqu’un était prête à vous détruire. Votre reine, n’a pas bougé devant la menace des marcheurs blancs. Elle était prête à vous abandonner. A risquer votre vie pour garder son trône. Choisissez-vous cette reine ou celle qui vous a sauvé… avant que vous ne la connaissiez ? Peuple des 7 royaumes, je ne suis pas venue détruire, je suis venue vous servir.
Voilà comment une queen parle. Voilà l’intelligence de Daenerys et surtout une réaction cohérente.

3. L’argument de David Benioff et DB Weiss ? “Sa réaction face à la mort fait froid dans le dos.”

Ben non. C’est tout le truc de la série GOT, et ceci, depuis le début : Eddard Stark a de la compassion dans les premiers épisodes, quand il doit exécuter un garde qui a fui le mur, et a déserté the black watch. Il n’est pas heureux de le faire, mais il le fait par nécessité. Le mot était donné, si tu as de la compassion et que tu montres de la pitié, tu te fais zigouiller. La réaction d’Arya Stark lorsqu’elle exécute Walder Frey est beaucoup plus inquiétante : un sourire de satisfaction sadique apparait sur son visage. Jamais Daenerys n’a éprouvé de la satisfaction à voir mourir, son frère, les esclavagistes, ou les ennemis qui refusaient de se soumettre. Depuis le début, on nous assène que c’est un monde impitoyable : c’est donc bien normal qu’elle ait cette réaction. Welcome dans les 7 royaumes !

via GIPHY

4. 2ème argument des show runners de Game of thrones : elle a tout perdu, et est abandonnée, trahie de tous.

Attendez les gars, revenons aux débuts, aux origines du personnage de Daenerys : celle qui n’est qu’une poupée évanescente n’est rien, et a tout perdu. Sa patrie, sa famille, son trône, et même sa force vitale. Avoir grandi avec un frère clairement dominateur, la trahison du khalassar, la trahison de sa suivante qui fait assassiner sa suite, puis la trahison de Ser Joras, lui avait déjà appris les affres du pouvoir. C’étaient ces trahisons et ces obstacles qui avaient endurci la mère des dragons. Daenerys est déjà rompue au pouvoir. (C’est l’une des raisons pour laquelle Daenerys, à mon sens, est appelée mère des dragons: ils ont toujours été son son seul véritable soutien.)
Et là, on voudrait nous faire croire qu’en 1 épisode, elle se sent trahie et abandonnée, et… vrille vers la folie ? Devenant la mad queen ?

via GIPHY

5. La folie est rampante

Un peu de documentation n’aurait pas fait de mal à David Benioff et D.B. Weiss : la folie n’apparait pas en quelques semaines. Elle est là, depuis des années, à la suite d’un traumatisme. Et se révèle au au grand jour lors d’un second traumatisme.Autre possibilité : la douleur persistante, physique et mentale qui rend effectivement fou. Or il me semble que la petite Dany sait bien se faire plaisir de temps en temps quand même….

via GIPHY

6. Elle était censée être l’héroine 

Il faut savoir un truc de base si tu veux devenir romancier ou un scénario : quand tu passes autant de temps à créer un personnage, à le mettre en avant vis à vis des autres, et à lui donner des idéaux… tu passes un espèce de contrat avec le public? Le public te dit “Ok, bon donc on va suivre les aventures de cette nana.” Depuis le début, David Benioff et D.B. Weiss en ont fait l’héroine : la gentille qui veut régner avec compassion. Les créateurs sont allés trop loin dans la gentification et ont forcé le trait. Forcément, les fans ne comprennent plus ce revirement… en plus si loin des idéaux de Daenerys… et si rapide !

7. Une saison trop courte

Et oui, c’est le gros reproche que je lis sur internet : tant d’intrigues développées sur 7 saisons, pour une résolution en quelques épisodes. Je pense que le vrillage du personnage serait mieux passé, s’il avait été développé sur quelques épisodes de plus. Quelle déception… pour tout le monde.

via GIPHY

Quel dommage. J’avais été accrochée comme une dingue par la première saison de GOT : je la trouvais bien écrite, bien rythmée, visuellement très réussie. Une chef d’oeuvre de la télévision comme j’aimerais en voir à la télévision française. Oui mais voilà. David Benioff et D.B. Weiss ont développé un gros défaut en 7 saisons. Game of Thrones a été la série la plus commentée, la plus téléchargée, la plus nominée.. Bref de quoi choper la grosse tête. Un ego surdimensionné. C’est le job de tout romancier ou show runner de surprendre son audience : tout lui donnant satisfaction. Et c’est là que le bât blesse : les show runners ont développé ce truc de “ce n’est pas au public de décider, nous savons ce que nous faisons, quitte à ce que ça ne vous plaise pas”.Ils avaient déjà montré leur mauvaise foi après la demande du public féminin de montrer plus de nudité masculine pour équilibrer : un personnage montrait son penis à un autre en s’en plaignant dans la saison suivante. Une scène comique, tout sauf sexuelle. De quoi faire un pied de nez au public. Léger souci les gars… c’est le public qui commande, surtout dans une industrie comme la télévision où les audiences commandent. A ce jour, la pétition demandant la réécriture de la saison 8 a dépassé le million. 
Surprendre, dérouter, jouer oui. Etre malhonnête… non. Forcer les traits d’un personnage pour lui faire prendre la direction que vous voulez ne vous mène à rien sinon qu’à braquer le public.

 Et sinon, vous qu’avez vous pensée de la saison 8 ? Pas trop déçus ? Avez vous lu les romans de GR Martin ? Moi je compte les lire maintenant, quand il aura terminé les deux derniers livres. Dans son blog, Georges R Martin disait qu’il allait écrire et terminer sa saga du Trone de Fer à sa façon. Je pense que même si le personnage de Daenerys vrille de même, ce sera de toute façon plus satisfaisant car mieux développé. Bon allez, je vais commencer le cycle de l’Assassin de Robin Hobb pour me remettre de tout ça.

via GIPHY

Diane McNeele


Mots clés utilisés pour la recherche :

  • game of thrones saison 8
  • Daenerys targaryen saison 8
  • Mère des dragons
  • Fin saison 8 GOT

BEHIND THE SCENE 1 : Je vous présente mon équipe !

Salut le clan ! Voici le 1er article pour vous présenter mon équipe. Et non je suis suis pas toute seule pour tout faire. Je me fais épauler par des guerrières et des guerriers talentueuses, prêtes à relever tous les défis, de quoi défier les dieux !

Après quelques mois, vous avez vu la page Facebook évoluer, dynamiser, avec des votes, des vidéos, des visuels sympas, pour faire vivre la communauté de l’anneau.. d’Hizaion ^^ Tout ça, c’est grâce au talent de Cindy, la community manager d’Hizaion !

Vous avez des idées d’évènements ? Vous voulez qu’on aborde un sujet en particulier sur la page ? Allez y ! Répondez lui sur les posts !

5 TRUCS QUI ONT CHANGE DANS LES CONTES DES FRERES GRIMM

Il faut que je vous avoue un truc en tant qu’écrivain. Nous les romanciers sommes atteints d’une maladie incurable : la perfectionnite, saupoudrée du complexe de l’imposteur. En gros, nous ne somme jamais satisfaits de ce que nous écrivons et éprouvons toujours ce petit truc « si j’avais mis cette scène là, ça aurait peut être été plus clair ». Oui mais voilà, il y a un moment où il faut que le roman sorte, même si l’on n’est pas ultra satisfait. C’est ça être romancier, accepter de ne jamais atteindre la perfection qu’on s’était imaginée dans telle scène ou dans le roman dans son ensemble. Et c’est rassurant de se dire que les frères Grimm en sont aussi passés par là.

Parce que les contes originaux des frères Grimm n’avaient pas vraiment les fins heureuses et joyeuses, façon Disney. Mais ce n’est pas seulement parce que Jacob et Wilhelm Grimm étaient des jumeaux un peu zarbis qui ont choisi de parler de l’enfance maltraitée et abusée. Le premier volume des Contes des frères Grimm a été publié pour la première fois le 20 décembre 1812. Les frères Grimm ne se voyaient pas du tout comme des auteurs, ou comme des éditeurs, mais comme des collectionneurs et des historiens littéraires.

L’intention originale du projet était d’enregistrer, de mettre sur papier les traditions orales des pays germanophones au début du 19ème siècle. Les frères Grimm étaient scolaires, travaillant à leur bureau, s’appuyant sur des amis et des documents sur le folklore qui avaient déjà été couchés sur papier, et avaient été transmis de génération en génération de manière informelle.

Bien qu’ils aient introduit des éléments pour compléter les contes, les frères Grimm tentèrent de rester proche des sources originelles autant que possible.

En 2014, le Princeton Press University a publié « les contes populaires et féériques des frères Grimm », la première traduction en anglais des histoires des frères Grimm. Le texte original sans altération.

Dans l’introduction, le traducteur Jack Zipes écrit que « … plus ils collectèrent d’informations et, plus ils eurent l’envie de dévoiler la poésie naturelle –naturpoesie- si chère au peuple allemand. Toutes leurs recherches furent alors dirigées dans l’exploration des sagas, des récits épiques, et des contes qui contenaient ce qu’ils croyaient être alors les vérités essentielles sur l’héritage culturel Allemand. Ce qu’on ne soupçonne pas de nos jours, sur les contes des frères Grimm, c’est ce besoin irrépressible et romantique de remettre au jour, et de préserver la contribution culturelle allemande, faite par des gens du peuple. Sauver de l’oubli ce pan populaire de la culture allemande.

Ce fantastique effort de préservation est évident dans la première édition : la violence sature les contes. Mais voici le point intéressant. Lorsque les histoires gagnèrent en popularité, les Frères Grimm cédèrent à la tentation d’altérer les aspects un peu trop sanglants de certains contes pour plaire à une plus large audience.

Dès lors qu’ils publièrent leur première édition, ils devinrent peu à peu célèbres, et non pas seulement dans les régions germanophones. Rappelez vous que l’Allemagne à cette époque, n’est pas un pays uni. Leur nom et leur collection atypique devinrent rapidement connus.

L’effet de cette renommée croissante eut deux conséquences :

Au même moment où les frères Grimm travaillaient, une classe moyenne commençait tout juste à émerger en Europe, résultat de l’école publique devenant obligatoire. Ces récits populaires à présent liés sur un texte, la classe moyenne s’intéressa à ces histoires, mais imposèrent leur vision victorienne et puritaine des sentiments… Les aspects les plus durs des contes des frères Grimm ne passaient pas. Un peu comme le consortium chez Disney a sûrement encadré l’écriture des 3 derniers Star Wars sortis. D’où la relation ambigüe entre Riley et Kylo Ren : bah oui faut bien une ptite histoire d’amour quelque part hein, c’est Disney ! Et puis il fallait attirer le public féminin !

Kylo et Rey, le couple un peu crée de toute pièce pour coller à la culture Disney

Bien qu’ils n’aient pas abandonné l’idée de garder la pureté originelle et la signification des vieux contes quand ils publièrent leur seconde édition, en 1819, il est évident qu’ils ont été influencés par les critiques de leurs contemporains : les contes devaient être plus accessibles au grand public, et porter plus de considération envers les enfants, les lecteurs et les auditeurs de leurs histoires.

Cela fut possible par l’autre impact du succès de la première édition. Bien que leur texte fut modérément bien reçu, les gens de toute l’Europe envoyèrent aux frères Grimm leurs propres versions des contes, tels qu’ils les avaient entendues dans leurs familles.

L’afflux de nouveau matériel donna aux frères Grimm des options pour comparer, et intentionnellement se rapprocher de l’essence des contes, tout en ayant une parfaite justification pour aseptiser certains aspects un peu hard.

Voici les aspects les plus surprenants de la première édition, plus tard supprimé ou altéré :

1. Les Contes furent rallongés.

Le fait de recevoir des versions différentes, plus détaillées des contes, et l’ajout de leur propre style littéraire, l’édition suivante des contes des frères Grimm devint alors plus longue que la première.

Si la première édition manquait de cohésion, que ce soit dans la forme ou le format des histoires, d’autres histoires étaient simplement…. des idées, ou des pitch. Cela reflète la rigueur des Grimm à reproduire exactement les récits oralement racontés.

Ils ne purent résister à la tentation de rendre les contes plus élaborés d’un point de vue artistique et littéraire, pour plaire à leurs lecteurs de la classe moyenne. Le résultat est que l’essence des contes en ressortit dans les deux volumes de la première édition : objectif atteint pour les frères Grimm qui avaient voulu respecter les voix des conteurs originaux.2

2. Les mères biologiques devinrent les affreuses marâtres

Si vous avez grandi comme moi en regardant les Disney…. 

via GIPHY

Vous avez alors appris que les belles mères sont toutes des bitches, jalouses de leur belle fille. De quoi vous encourager à rencontrer la mère de votre chéri hein ! Mais ça, ça vient de la version façon Grimm des contes de fées. Car dans les versions originales, c’est la mère d’Hansel et Gretel elle même qui essaie d’abandonner ses enfants dans la forêt. Et c’est la mère de Blanche Neige aussi, qui non seulement engage un chasseur pour tuer sa fille de 7 ans, mais a aussi prévu de manger ses organes. Le traducteur des contes originaux, Jack Zipes l’explique : “Les Frères Grimm ont fait des changements dans leurs éditions suivantes car ils tenaient la maternité pour sacrée, d’une part mais aussi il y avaient des causes sociologiques : au delà de la crainte de déplaire à des lecteurs potentiels. Beaucoup de femmes en effet, mouraient en couche à l’époque, au 18 et 19ème siècle. Il y avaient beaucoup de situations dans lesquelles l’homme se remariait alors avec une femme plus jeune, souvent du même âge de la fille aînée, dont la jeune épouse pouvait alors se sentir jalouse.

via GIPHY

3. Raiponce ne tombe plus enceinte !

Dans la première version de Rapunzel, la méchante fée découvre la visite du prince quand la naive Raiponce se demande à voix haute : « Dites moi, mère Gothel, pourquoi mes vêtements deviennent ils si petits ? Ils ne me vont plus »

Le lecteur ou l’auditeur comprends alors que Raiponce est tombée enceinte du Prince pendant leur « bon temps » ensemble.

Depuis l’édition de 1857 et sa septième édition, la grossesse a été coupée de l’histoire, entièrement, et au lieu de cela, Raiponce révèle qu’elle a vu le Prince en demandant à Mère Gothel pourquoi c’est plus dur de la soulever que lui… Complètement con.

via GIPHY

Et proprement insultant, mais au moins sans connotation sexuelle.

4. Les fées furent subirent un nouveau casting.

Les éléments supernaturels des histoires avaient quelque chose d’effrayant. Mais pendant que la majorité du texte est altérée pour s’aligner plus sur les valeurs chrétiennes, quelques ressorts de l’histoire demeurent.
Il y a une bonne dose de magie dans les contes, qui a été conservée dans les éditions suivantes. Les moments de transformation miraculeuse qui arrivent dans les contes furent conservés. Cela dit, les frères Grimm firent un changement particulier par rapport à ces éléments fantastiques. Dans la première éditions, les représentants de la magie étaient la plupart du temps des fées. Normal pour le genre féérique.

via GIPHY

Mais pendant le temps de travail, de recherche et de rédaction, les guerres napoléoniennes virent les Français occuper les territoires germanophones. A cette époque là, ils décidèrent d’arrêter le terme français fée et le replacèrent par des êtres vaguement mystiques. Par exemple dans Raiponce, la fée devient une sorcière, et dans la belle au bois dormant, les fées furent changées en sage femmes.

5. Certaines histoires furent mélangées, et remixées.

La première édition des Contes des frères Grimm était constitué de 156 contes, et l’édition finale en comptait 210. Mais ils n’ajoutèrent pas seulement des histoires entretemps. Le déluge de contes similaires qu’ils reçurent après la première publication donnèrent aux frères Grimm du matériel à utiliser, mais certains contes ne pouvaient simplement être modifiées pour coller à ce qu’on appellerait aujourd’hui la culture mainstream. Une jolie histoire au jolie nom s’appelle par exemple « Quand les enfants jouent au massacre. »Et oui. Dans cette histoire, deux enfants jouent au boucher et au cochon. Comme partie du jeu, le frère le plus vieux coupe la gorge de son frère, le tuant. Quand leur mère découvre la scène, elle devient si enragée qu’elle tue le plus vieux frère. Et pendant qu’elle fait ceci, le plus jeune fils se noie dans le bain. Maintenant la mère se pend, désespérée. Enfin le père revient. Lorsqu’il découvre que toute sa famille est morte, il meurt… de chagrin.Alors si vous avez des idées, Disney pourrait être intéressé pour avoir votre solution comment faire pour que cette histoire devienne charmante et pleine de morale ? hem hem. Bon courage.

via GIPHY

Voilà cher clan, c’était un article sur le processus d’écriture des contes des frères Grimm. Intéressant n’est-ce pas ? D’historiens ils devinrent écrivains, mais tenus par les impératifs culturels de l’époque.

Si vous écrivez, est-ce que vous vous censurez parfois ? Moi non. L’auto édition me permet cette liberté. Mon père d’ailleurs était drôlement surpris lorsqu’il a lu les premiers chapitre de mon roman. « c’est vachement sanglant ton truc quand même. » m’a t il dit en me regardant d’un air bizarre.

Est ce qu’il vous est déjà venu à l’idée qu’un roman était trop violent ? Est-ce que vous pensez que Georges Martin aurait du laisser Robb Stark en vie ? Perso, j’en suis encore traumatisée de ce Red Wedding…

Vous êtes comme moi le clan ? Et pensez que Disney a quand même altéré vachement Star Wars depuis quelques années ? Allez-y ! c’est à vous de partager votre point de vue !